Nous quittons l'auberge à 8h00. Nous posons nos sacs à la consigne de la gare routière, et là, on comprend qu'on ne s'était pas trompés sur les éventuelles beuveries : il y a des jeunes vautrés partout, certains sont encore en forme, mais la plupart sont complètement déchirés et dorment par terre ou sur des bancs, ou sur des cartons…
Il y a 2 filles avec des perruques de punks qui dorment assises contre les consignes, l'une d'elles avait une clope à la main, qui se consumait toute seule en faisant un petit tas de cendres sur le jean de la fille… Dans le métro, il y avait des canettes, des gobelets et des clopes amassés en bas des escalators, dans les couloirs… Partout dans les rues, nos chaussures collaient par terre tellement c'était immonde. L'air de Bilbao sentait un mélange de bière et de vomi. Ronan ayant assisté une fois aux fêtes de Bayonne, constate que là c'est pire. Dans toutes les rues sans exception, il y a eu une orgie d'alcool. Il est juste un peu plus de 8h00 mais le service propreté de la ville est déjà en pleine action, et les bonhommes verts tentent de nettoyer tout ça à grande eau. Nous, notre mission pour l'instant est de trouver un endroit pour prendre le petit déjeûner. On essaye de passer par les rues déjà nettoyées car l'odeur est quand même insupportable. Une dame totalement torchée essaye de communiquer avec nous mais on ne parle pas l'espagnol bourré… Comme on est dimanche, tout est fermé et on finit à la gare de Bilbao. C'est là que s'échouent quelques fêtards qui tiennent encore debout, pour avaler eux aussi quelque chose qui épongerait un peu l'alcool. Dans ce café, il faut avouer qu'on a quand même bien rigolé.
Parmi tous les gens torchés, nous retenons notamment :
-Un espèce de grand et gros mec avec un bras plâtré et un t-shirt de foot, qui venait parler à tout le monde.
-Une fille dont le t-shirt blanc à l'origine était recouvert de vin rouge.
-Une autre fille qui avait fait la fête en sandales, et qui était marron jusqu'aux chevilles.
-Un mec qui dormait assis sur un banc, une bière à ses pieds. Deux agents de la gare ont essayé de le réveiller, en vain. Il a juste bougé un peu et a renversé sa bière sur son sac.
-Deux gars qui dormaient aussi sur un banc, de manière toujours symétrique. Jolie chorégraphie.
-Dans le café, juste derrière nous, 2 clochards en plein débat philosophique, l'un buvant un café et l'autre une bière. Nous pensons qu'eux seuls pouvaient se comprendre.
-Un gars qui en voulant engloutir une tapas, a failli s'empaler sur le pic.
-Un gars derrière nous les yeux baissés: on ne savait pas s'il envoyait un texto, ou s'il dormait assis. Au bout de quelques minutes d'observation, on a compris qu'il s'était endormi en tapant son texto.

Et de manière générale, des gens qui dansent un peu, qui chantent, qui boivent encore, qui sont tout blancs ou verdâtres, qui marchent de travers.
Après cette étude sociologique de l'après-fête, nous sortons dans la ville qui commence à retrouver son aspect normal. Il est 10h00, il y a un gentil soleil. Comme on s'ennuie (tout est fermé) et qu'on a le temps avant le bus, on se balade dans le vieux quartier (en chemin on croise un clochard qui dort sur un banc, avec sa guitare qui n'a que 2 cordes). Par contre là ça pue encore et en plus il y a des stands de bouffe type cassoulet ou aïoli, et toutes ces odeurs mélangées c'est limite… Histoire de s'asseoir dans un endroit propre, on se réfugie à la cathédrale de Santiago où on a assisté à la messe (en espagnol, donc). Puis on a vu le défilé des marionnettes géantes qui clôture apparemment la fête :

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Et hop, c'est l'heure des tapas. Dès son ouverture le bar a été pris d'assaut. Il faut dire que c'était bien bon. On a observé le manège d'un vieux monsieur qui a mangé une tapas très vite et est parti mine de rien sans la payer. Puis est venue l'heure de retourner à la gare routière, récupérer nos sacs et attendre le bus qui est arrivé 1/2h en retard, dans une chaleur étouffante.

Après le trajet en bus climatisé, nous descendons à Irùn et on se réfugie vite au bar de la gare pour éviter cette chaleur insupportable. Ronan mange un sandwich et moi un cheesecake. On tente ensuite d'organiser notre trajet du lendemain : Irùn-Saint Jean-de-Luz. La guichetière de la gare nous envoie à un autre bureau quelques rues plus loin, où la dame nous dit qu'elle ne peut absolument pas nous renseigner, même pas nous donner les horaires. Elle ne vend que les billets Irùn-Hendaye. Quand on sait les distances qui séparent ces 3 villes, on se pose des questions sur l'organisation. Mais soit, on en saura plus à Hendaye… On se rend donc à l'auberge : un appartement réaménagé. Une dame qui parle français nous accueille et essaye de nous renseigner sur les TGV, elle pense qu'il y en a fréquemment pour Paris. On s'installe et on croise dans le couloir un jeune moine complètement surexcité qui se marrait avec un pèlerin. On ressort, on profite d'un cybercafé pour aller sur le site de la SNCF : les trains pour Paris sont pleins, les rares places qui restent en 1ère classe sont chères… désespoir. On veut rentrer demain à la maison, nous! Comme il faisait encore très lourd on retourne dans la gare climatisée, et dans le café un français nous aborde. Il vadrouille tout seul en Espagne et au Portugal. Il était sympathique au début mais il nous a raconté sa vie pendant plus d'une heure… On a fini par l'abandonner pour aller manger.

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Dans la soirée, le vent s'est levé et le ciel s'est noirci. La fin de la chaleur!!! Mais ça ne nous dit pas comment on rentre à Paris… A l'auberge, le moine et ses potes ont fait la fête jusqu'à assez tard, et en plus dans notre chambre un espèce de gros pèlerin poilu a ronflé toute la nuit en faisant des bruits de sanglier… J'ai espéré qu'il s'étouffe dans son sommeil, mais non. Vivement demain…