Nous partons de chez les bonnes sœurs et nous petit déjeûnons en terrasse. Après de longs kilomètres de "paseo maritimo" (balade pour piétons et cyclistes sur le front de mer), on prend une navette pour traverser jusqu'à Santona.

P1000847

A Santona on nous donne un plan, et on demande où passe le chemin car les flèches jaunes se font très très rares… On se ravitaille dans une supérette. Pour les graphistes, voici une bien belle brique de lait :

P1000851

On a aussi vu un monsieur pédaler pour aiguiser des couteaux :

P1000852

En sortant de Santona on traverse surtout des zones pavillonnaires et on fait notre pause déjeûner à la plage, près d'un bar et d'une fontaine pour remplir les gourdes.
Nous repartons, mais assez vite, l'absence totale de balisage, de panneaux routiers, et le descriptif stupide de notre imbécile de guide, toutes ces petites choses nous mènent au bord de la crise de nerfs… Les informations les plus fiables nous venant souvent des autochtones, nous demandons dans un bar. Le patron nous dit que non, il n'y a pas de flèche, c'est normal… Il faut grimper sur un petit chemin sympathique au milieu de la végétation.

P1000860

Arrivés de l'autre côté, nous longeons d'abord la plage puis on choisit une petite route qui va dans la même direction de toute façon. Pour la rejoindre, on a dû faire un peu de gym en passant sous des barbelés pour traverser un champ (vide). On retrouve enfin le balisage à Noja, mais l'itinéraire du guide ne passant pas par cette ville, on se demande comment on a pu se tromper, puisqu'il n'y avait qu'une route… Et on se le demande encore d'ailleurs. L'après-midi est sérieusement entamé, on a fait 9 km de détour pour rien, et on est sacrément loin de Guëmes. Notre niveau d'énervement et de ras-le-bolitude est au maximum. On demande à la réception d'un hôtel, puis à l'office de tourisme, la façon la plus rapide d'aller à Guëmes. On est même prêts à prendre un bus mais il n'y en a pas ici, comme ça c'est réglé. Evidemment, le plus direct, c'est la route. Alors, pendant des heures et des kilomètres, on s'est pris pour des voitures, et on a marché comme des dératés le long de la nationale… super la balade et le dépaysement. C'était vraiment nul.

P1000862

Je ne sais plus où, un gars dans un bar nous dessine un plan, et nous liste tous les villages que nous devons encore traverser avant Guëmes. Visiblement il connait bien le chemin et nous indique l'itinéraire rapide (la route) et l'itinéraire officiel, joli et pittoresque c'est à dire les petits chemins. A l'heure qu'il est le pittoresque n'est pas notre priorité, on choisit donc la route, pour changer. On se dépêche pour en finir le plus vite possible. Mais c'était long, trèèèèèèèès long…
Vers la fin de l'étape, nous offons une pause à nos pieds, pour vérifier s'ils sont toujours là, puisqu'on ne les sent plus trop. Il y a une petit église à visiter. Même avec des tongs, je n'arrive plus tellement à lever les jambes et je manque de m'étaler dans l'église, ce qui fait un écho énorme.

P1000863

P1000867

Presque arrivés à Guëmes, le moral revient mais le soleil s'en va. Maintenant on ne se pose plus de questions et on demande à toutes les personnes qu'on croise où se situe l'auberge. On ne sait d'ailleurs pas si on peut y manger. On nous annonce des distances complètement farfelues…"C'est à 1 km à peu près", alors comment ça se fait qu'une heure plus tard on n'y soit toujours pas? Bon bref… on a fini par y arriver, à 22h00, à l'auberge du Padre Ernesto, tout en haut d'une colline biensûr. On a d'abord cru tomber dans une secte : une quarantaine de pèlerins étaient en train de manger à de grandes tables, avec une cheminée dans le coin, et le père nous annonce à tous ces gens : "et voilà les 2 derniers pèlerins !" . Le père Ernesto parle bien français, et aparemment c'est une figure connue du chemin. Il a une grosse barbe et ressemble plus à un baba cool qu'à un moine. Il a beaucoup voyagé et plein d'objets et de photos sont accrochés. Il est aussi l'auteur de plusieurs livres et les journaux parlent souvent de lui et de son auberge, qu'il agrandit d'année en année. Le Padre nous confie à un jeune latino qui travaille à l'auberge. Il nous montre notre "chambre": en plus des dortoirs, il y a des sortes de préfabriqués avec 2 lits dans chaque. Les douches individuelles et les toilettes sont propres et entretenues, il y a 2 grands éviers pour laver le linge, un fil pour étendre, c'est le luxe!
Après nous être lavés on nous installe près de la cheminée, nos assiettes nous attendent déjà, et même une bouteille de vin… C'est dans cette auberge qu'on nous a offert le meilleur repas : soupe, pâtes au thon, pomme… Un vrai repas pour des gens qui marchent, quoi… Une fille s'est mise à jouer du violon, puis un autre pèlerin de la guitare. Cette journée horrible passée le long des routes se finit bien, en fait.

P1000869

P1000871

En fin de soirée on trouve le courage de laver nos affaires, de les étendre, et on se couche. Les lits sont un peu rudimentaires : un matelas bien fin, une planche de contreplaqué sur 2 parpaings. L'auberge est victime de son succès…