Pour éviter de marcher par une chaleur trop forte, on part du monastère vers 7h00, au moment où la cloche sonne. Debout messieurs les moines! Il fait bien frais, bien nuit et on traverse un peu de forêt à la lumière de la lampe de poche. On traverse des villages où tout le monde dort encore, c'est bien, c'est tout calme. On fait notre première pause à Munitibar, à l'église. A 8h00 pile, je manque d'avoir une crise cardiaque quand les cloches se mettent à sonner juste au dessus de nous.

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Sur beaucoup de maisons ou même de bâtiments publics les gens montrent leur attachement au pays basque et leurs opinions politiques, en accrochant des drapeaux ou par des peintures.

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Le chemin passe à proximité des maisons et des fermes. Les chiens sont parfois en liberté mais en général ils se contentent d'aboyer une fois ou deux, quand il fait bien chaud ils ne se lèvent même pas. Sur cette étape certains chiens ont quand même bien défendu leur territoire, notamment deux aux abords d'une ferme… On s'est risqués à passer dès que la paysanne est sortie avec son bâton.
On longe beaucoup de ruisseaux, on alterne forêt et villages. Il fait frais et humide. Peu avant Gernika une dame (à qui il manquait un avant-bras) nous remplit nos gourdes. Elle nous explique qu'hier il faisait vraiment trop chaud pour marcher. Elle a dû voir passer des pèlerins en perdition.

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L'arrivée à Gernika se fait par la route, vers 12h00. A l'office de tourisme on repère 2 hôtels, car l'auberge est très excentrée. On s'installe dans la chambre, puis on part visiter la ville, et manger. Toutes les terrasses sont pleines, les tables réservées, il y a de l'animation dans toutes les rues, des fanfares, des grandes tablées, des gens partout. On est tombés en plein dans les fêtes patronales, qui durent plusieurs jours. Après avoir grignoté on vadrouille.

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La Casa de Juntas : les réunions "Juntas Generales de Bizkaia" (Assemblées Générales de Biscaye) s'y tenaient jusqu'en 1876. A côté de ce bâtiment, l'Arbre de Gernika, symbole de la ville et de ces assemblées.

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Cette église et la Casa des Juntas, et quelques maisons proches sont à peu près les seuls bâtiments ayant résisté au bombardement de 1937. D'ailleurs rien dans la ville n'évoque cet épisode, il y a juste un mémorial qui était en travaux, sinon, c'est comme si rien ne s'était passé… On dirait que Gernika ne veut surtout pas devenir une "ville-martyr" mais cherche plutôt à oublier totalement. En tout cas on a eu cette impression.
La soirée s'est passée à la terrasse de l'hôtel, avec toujours autant de musique autour de nous. Question animation nous avons aussi eu droit à une émeute liée à l'ETA, juste dans la rue perpendiculaire à notre hôtel. Pendant que j'étais remontée dans la chambre pour chercher ma gourde, 3 camions de CRS ont déboulé, des gaz lacrymogènes ont été lancés. Ce qui fait que quand je suis redescendue, la terrasse s'était vidée d'un coup : Ronan m'explique que les gens, en entendant les lacrymos, ont carrément fui en laissant leur verre. Une petite fille pleurait à cause des explosions. Après San Sebastian, maintenant Gernika, j'ai l'impression que les fêtes sont souvent gâchées par ce genre de problème. On ne s'est pas mêlés à l'attroupement, et on est partis se coucher.