Un bout du Camino del Norte…

21 septembre 2009

"qu'est ce que tu fais pour les vacances…" La préparation

Bonjour!
Moi et mon acolyte Ronan, on aime marcher. Nous avons l'habitude des randonnées dans la pampa nivernaise. L'année dernière, nous avions testé avec Emilie (toujours prête pour l'aventure) le chemin de Saint Jacques de Compostelle, sur une petite partie: de St Jean Pied de Port à Pampelune. La traversée des Pyrénées, quoi. Même pas mal! L'expérience nous ayant bien plu, nous avons décidé cette année de tenter le Camino del Norte, autre itinéraire emprunté par les pélerins. Contrairement au Camino Francès, le chemin côtier fait l'objet d'assez peu d'informations sur internet, et peu de guides sont édités. J'espère donc que ce blog sera un peu utile!

Par quoi commencer…

Les dates initialement prévues : du 11 au 27 août aller et retour inclus, soit 15 jours de marche.
Le trajet initialement prévu : de San Sebastian à Ribadesella (point de chute choisi car présence d'un terminal de bus), soit 390 km.

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Cela nous fait en moyenne 26 km par jour. C'est beaucoup, mais faisable, et on se dit que si on n'arrive pas tout-à-fait à Ribadesella dans les temps, on trouvera bien un bus pour nous y amener.
Pas de tente, pas de réchaud : on compte sur les auberges.
Evidemment nous avons acheté un guide, en fait LE guide car c'est le seul édité en français. L'ayant parcouru sommairement avant le départ, je remarque que beaucoup de longues étapes (certaines font 35 km) peuvent être scindées en 2 : j'étudie un peu la "fréquence" des auberges, des commerces, des gares routières. Tout va bien. Voici le guide en question. Surtout ne l'achetez pas.

guide 

Nous nous entraînons "en conditions réelles", c'est à dire avec sac à dos chargé, avant de partir.
Les chaussures se sont faites à nos pieds (ou l'inverse). On est parés.

Je vais donc vous raconter maintenant ce qui s'est réellement passé, car tout ne s'est pas déroulé exactement comme ce qui était initialement prévu.

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11 août : le départ et 1ère étape : San Sebastian-Orio, 17 km

Arrivés à Paris le 10 au soir, nous passons la nuit à Montrouge. Nuit très courte : notre train Paris-Saint Jean de Luz part de Montparnasse à 7h15. Nous attendons donc notre TGV dans le hall de la gare, en dormant plus ou moins debout… Le train est bondé ce qui ne nous empêche pas de dormir affalés sur nos tablettes.
Nous descendons à St Jean de Luz vers 13h00, et nous retrouvons Isabelle, en vacances (Elle aurait dû faire partie du périple mais elle a eu la bonne idée de se faire une entorse juste avant de partir. Elle avait acheté tout son matériel et a dû le rendre à Decathlon. Bref). Isabelle :

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Comme on a presque trois heures d'attente on a le temps de manger ensemble. Pour l'instant ce n'est pas trop dur. On s'achète des sandwiches, des pom'potes, des barres de céréales, et on remplit nos gourdes dans un bar où on prend un café. A la table derrière nous un enfant a piqué une (longue) crise de nerfs.
Puis nous avons abandonné Isabelle pour prendre la navette St Jean de Luz-Irùn. A Irùn, il a bien fallu se mettre à parler espagnol, pour demander quelle était la voie pour San Sebastian. Un agent (une dame) nous indique la voie 1, mais à quelques minutes du départ, il n'y avait rien ni personne autour du train à quai… Je redemande au guichet, et on me dit que c'est la voie 3. Comme on n'a plus trop le temps d'hésiter, allons-y pour la 3… On dira que c'est la bonne.

Vers 17h00, nous voilà à San Sebastian, départ officiel de notre marche. Nous devons faire absolument 2 choses : d'abord, trouver la compagnie de bus Alsa pour acheter nos billets de retour Ribadesella-Irùn; et ensuite, trouver le "bureau" des pèlerins pour qu'on nous fasse nos crédencial (sorte de "passeport" du pèlerin à faire tamponner à chaque étape. Parfois il est obligatoire pour dormir dans les auberges).
Nous n'avons jamais trouvé les bus, et après avoir longtemps cherché l'accueil pèlerin, nous avons trouvé porte close. L'office du tourisme ne délivrant pas de crédencial, ils nous conseillent d'appeler la prochaine auberge pour les prévenir de notre arrivée… avec nos portables français, on va oublier cette idée.

Nous partons de San Sebastian sans perdre plus de temps car on voudrait éviter de marcher de nuit…
La ville est pleine de touristes, très animée, il y a des feux d'artifices qui se préparent, des vendeurs de ballons etc. On fait un peu tache avec nos sacs à dos. Après avoir longtemps longé les plages, on sort enfin de la ville.

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Un espagnol nous conseille de dormir à San Sebastian plutôt que d'aller à Orio ce soir. Mais on prend la route quand même. Si on commence déjà à prendre du retard…
Nous empruntons un sentier de promenade qui monte bien. On traverse une zone pavillonaire, des hameaux…
Petit "autel" où j'ai fait mon premier tampon :

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Nous, encore frais comme des gardons, enfin presque.

On a suivi un long chemin mi-forêt mi petite montagne. Il commençait d'ailleurs à faire un peu sombre dans les sous-bois.
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A la nuit déjà bien tombée, vers 22h00, nous sommes arrivés à Orio. Nous sommes accueillis à l'auberge par Rosa, qui nous fait nos credencial, nous montre nos lits et les douches, en chuchotant car des pèlerins dorment.

Après nous être douchés, on s'installe dehors pour manger nos sandwiches. Bizarrement je n'ai pas faim, mais bon il paraît que le sport coupe l'appétit. Je me force un peu. La suite n'est pas reluisante puisque, me sentant mal, j'ai fini par vomir plusieurs fois dans le jardin… La position allongée ne me convenant pas du tout, je marche dans le jardin, en long en large et en travers… Au bout de plusieurs heures, Ronan capitule et se couche, après m'avoir gavée de sucre et d'eau en cas d'hypoglycémie. Dehors il ne reste plus que moi et un espagnol, qui, voyant que je ne suis pas au top de ma forme, engage la conversation. Il m'explique que lui n'arrive pas à dormir car il a trop mangé (et bu, je pense, vu le nombre de bouteilles que j'ai aperçues sur la table). Le fait de me concentrer pour parler anglais-espagnol et un peu de français, m'a changé les idées. J'ai finalement réussi à me coucher peu après. Les vacances commencent fort…

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22 septembre 2009

12 août : 2ème étape : Orio-Getaria-Zumaia, 16km

Aujourd'hui c'est une courte étape qui nous attend. Après la douche et le petit déjeûner, nous partons les derniers de chez Rosa, juste après les espagnols fêtards.
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Il fait beau mais pas encore trop chaud.
On ne se presse pas pour quitter Orio qui est une jolie petite ville.
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Un peu plus loin, un espagnol nous conseille de passer par la plage plutôt que par l'itinéraire indiqué, qui suit la route. On a voulu suivre son conseil mais on s'est plantés au niveau d'un camping, où le balisage était assez incompréhensible… On a donc vu la plage de loin, et suivi la route jusqu'à Zarautz. A l'office de tourisme, on obtient une liste détaillée des auberges que nous allons croiser sur le chemin. On s'aperçoit, en regardant cette liste, que notre guide est très incomplet… Nous faisons une pause-déjeûner en terrasse, puis on se ravitaille au supermarché. Nous repartons ensuite, direction Getaria, où nous pensons passer la nuit.

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Une belle maison avant Getaria…

On y arrive vers 16h00, et on décide d'attendre l'ouverture de l'office de tourisme à 16h30. La dame nous renseigne très vite : tous les hôtels sont complets, et l'auberge des pèlerins également. En plus elle est un peu en dehors de la ville. Un peu dépités, on essaye au hasard quelques hôtels, au cas où il y aurait un désistement mais non… On retourne donc à l'office de tourisme pour se renseigner sur les horaires de bus : on n'a pas vraiment le choix, il faut aller jusqu'à la ville suivante si on veut dormir quelque part. En attendant l'heure du bus, on boit un coca en terrasse.

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Puis, le bus nous emmène jusqu'à Zumaia, 6,5 km plus loin. Nous trouvons l'office de tourisme, où on nous explique que les hôtels abordables sont tous pris, il reste seulement un hôtel-spa à 190 euros la chambre-double. On demande à tout hasard s'il existe une auberge de pèlerins, sans y croire car notre guide n'indiquait rien. Oui oui, il y a un couvent… Un bâtiment immense, tout un étage réservé aux pélerins et seulement quelques chambres occupées… Nous avons une chambre pour nous tous seuls, des lits confortables. Après une bonne douche, on ressort pour se balader en attendant l'heure de manger. En terrasse, cuits par le soleil, une bière à l'apéro nous achève totalement. Moi je suis au paradis car je mange des lasagnes (je me fais des taches énormes en laissant tomber ma fourchette sur mes seules fringues propres). La nourriture a toujours un peu de mal à passer, je mets ça sur le compte de la fatigue accumulée. La soirée se passe tranquillement, et on rentre dormir.

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Zumaia

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23 septembre 2009

13 août : 3ème étape : Zumaia-Deba, 14 km

Je sais ce que vous vous dites : "ah les nuls, ils sont bien loins de leurs 26 km par jour !". Oui effectivement.
Mais les indications que je vous donne dans les titres sortent de notre fameux guide. Or, Ronan et moi nous commençons à avoir de sérieux doutes sur l'exactitude de ces informations… Que ce soit les le nombre de kilomètres ou la durée annoncée de l'étape, nous trouvons l'auteur sacrément optimiste. A t-il vraiment fait le chemin avec un sac chargé et en faisant des pauses? J'aimerais bien lui poser la question.

Pour revenir à l'étape, nous quittons Zumaia assez tard car je n'arrive toujours pas à avaler de nourriture et j'ai une espèce de nausée en permanence. Nous devons quitter l'auberge à 8h00, je crois. Nous faisons des courses pour le petit déjeûner. Ronan dévore quelques croissants. Puis j'essaye d'expliquer mon cas dans une pharmacie parce que bon, ça ne peut plus durer, ça me gâche un peu tout. Comme je ne sais pas dire "envie de vomir" en espagnol, je dis "es cuando la comida sale per la boca". J'écris le nom d'un médicament français, mais la pharmacienne ne le retrouve pas dans son gros dictionnaire, alors elle me donne des cachets "Motilium" (Ils m'ont été d'un tel secours que j'ai gardé la boîte en souvenir).
Finalement on décide de prendre la route quand même, il est 10h00 environ. En sortant de Zumaia on retrouve le petit groupe d'espagnols. Ils ont le même rythme tranquille que nous (ce qui me rappelle une citation de l'espagnol d'Orio : "Marcher, oui ; souffrir non"). L'espagnol avec qui j'avais parlé est en train de se bricoler une espèce de brouette avec un truc trouvé sur la route, pour traîner son sac à dos, si je comprends bien.
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Au revoir Zumaia.

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Ils sont plutôt impressionnants en vrai, ceux-là…

Le chemin monte pas mal mais c'est agréable, on est entouré de collines avec des moutons et des vaches par ci-par là. Alors qu'on faisait une pause, j'ai eu faim d'un seul coup et j'ai mangé tout ce qu'il restait du petit déjeûner. Soit les cachets sont très efficaces, soit c'est juste psychologique.
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A une petite aire aménagée avec quelques tables, des toilettes et un point d'eau, je discute avec 3 français (un couple et leur fille) qui sont très mécontents du guide eux aussi. Ils rêvent d'un lit car ils ont enchaîné camping et nuit sur la plage.

Peu de temps après cette pause, on doit choisir : soit l'itinéraire "officiel" qui s'éloigne beaucoup de la côte et longe pas mal de routes ; soit le GR, qui longe la côte, plus beau mais aussi plus dur. La route ne nous tente pas, alors on prend l'option océan. On est au frais dans des petits sous-bois.
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2 vaches qui préfèrent la forêt à leur pré.

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On mange nos sandwiches face à l'océan. On ne nous a pas menti, c'est beau!

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Comme c'est marée basse, on peut voir les rochers formant des "rase-mer", phénomène géologique, euh… bizarre. Pas mal de gens se baladent dessus, comme des équilibristes.

Le chemin est sinueux, il monte  et descend sans cesse, il n'y a pas d'ombre et pas de point d'eau. Attention au niveau de la gourde! On doit se rationner… En tout cas du haut des falaises on voit des panoramas magnifiques. Peu avant Deba, je m'engage sur un sentier qui monte vers une toute petite église, avec des vaches qui broutent devant. Ronan resté en contrebas, me dit de redescendre car ce n'est pas le bon chemin. Mais il me dit aussi "reste calme Amélie", car je n'avais pas vu qu'une vache courait droit sur moi. Mais bon, elle était juste curieuse, ou elle voulait jouer peut-être…

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Ouf, la fin de l'étape… Il nous faut redescendre tout ce qu'on a grimpé, et les genoux se font sentir. Nous arrivons à Deba assez tôt, vers 15h00. C'est une station balnéaire, les touristes font bronzette. A l'office du tourisme, on nous dit que les hôtels sont complets (on commence à avoir l'habitude). On nous confie une clé de l'auberge des pèlerins, qu'on a repérée. Elle est juste à côté de la plage et de la Croix Rouge. Au cas où…

Il y a peu de lits, la plupart sont déjà pris. Pour les douches, il faut aller à celles de la plage et payer 80 cts, tarif préférentiel spécial pèlerin! Nous procédons ensuite à notre premier lavage vestimentaire, puisqu'on n'a plus rien de propre. Ronan s'émerveille devant l'essoreuse qui fait un bruit énorme, mais qui nous garantit d'avoir des affaires presque sèches demain. Nous retrouvons l'espagnol et sa brouette, et les 3 français un peu plus tard. Après une rapide trempette à la mer, histoire d'utiliser mon maillot, on va se balader dans la ville. Un épisode très intéressant : Ronan veut absolument s'acheter un slip, ce qui est très très facile à expliquer en espagnol… On trouve une sorte de mercerie où la vendeuse déballe au moins 15 slips, boxers, de toutes les formes, couleurs et motifs… Elle demande ensuite conseil à sa mère qui tient le magasin, pour la taille : elles évaluent toutes les 2 le popotin de Ronan d'un coup d'oeil expert.

Après ces petites emplettes, nous nous attablons en terrasse. On mange des trucs bien gras, frits et en sauce…mmmh. Et on se couche. L'auberge est pleine à craquer, il y a du bruit, mais je dors d'une traite, ça fait du bien…

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25 septembre 2009

14 août : 4ème étape : Deba-Markina, 23 km

Pour cette longue marche, on part tôt, après un copieux petit déjeûner dans une boulangerie déjà débordante de clients à 7h00 du matin. L'étape peut se résumer assez vite : on s'éloigne de la côte, et la majeure partie du temps se passe sur des sentiers forestiers ; on traverse aussi quelques hameaux. D'ailleurs les maisons sont vraiment belles et il y a plein de vieilles fermes bien conservées. Le relief est la principale difficulté, ça monte et ça descend, c'est sinueux. Non seulement c'est dur physiquement, mais aussi mentalement, car tout ce qu'on monte pendant des heures sans en voir le bout, on sait d'avance qu'il faudra le redescendre pour accéder à la ville-étape. A un moment j'en avais tellement marre de tournicoter dans les pins, en ayant l'impression que ça ne finirait jamais, que j'ai jeté mon sac sur le bas-côté et je lui ai donné un coup de pied (sac à dos Decathlon, très résistant). Cette petite crise de nerf n'ayant servi à rien, il a bien fallu repartir.

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La chance, un chemin bientôt tout neuf! En attendant, ne pas regarder à droite.

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Sur le panneau vous avez : le balisage (flèche jaune) et "Miguel", qui s'est bien amusé à signer toutes les bornes. Et une vache et un soleil.

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Ronan hésite à s'ouvrir les veines avec son opinel. Et puis finalement non.

La fin de l'étape se fait dans la douleur et les insultes, adressées à l'auteur de notre guide : on a beau lire et relire le descriptif, rien de ce qu'on voit autour de nous ne correspond… Dommage quand on est perdus! A un moment, plus aucune flèche jaune à l'horizon et 2 directions possibles… Le chemin qu'on choisit au pif est finalement le bon.
Après de longs kilomètres de descente nous voilà à Markina. Petite ville avec moins de monde, car on s'est éloignés de la mer. Quelqu'un nous indique où se situe l'auberge : c'est un monastère. Il y a plein de chaussures à l'entrée. On a un peu peur de ne pas avoir de place. Effectivement un des dortoirs est plein, et donc le monsieur qui nous accueille nous installe dans un autre dortoir tout vide. Un seul pèlerin nous y rejoindra plus tard. Le lieu est chouette : spacieux, tout rénové. Douches individuelles et une cour pour faire sécher le linge. D'ailleurs après la douche j'ai lavé TOUT mon linge. En attendant qu'un de mes pantalons sèche un peu, je me suis fait une jupe avec ma serviette de bain. Ronan me fait remarquer que ma tenue n'est pas très adaptée au monastère. Oui, c'est vrai. Puis nous allons nous balader dans la ville (j'ai remis un pantalon mouillé), prendre l'apéro. Nous avons pris le pli des tapas, on en trouve dans n'importe quel bar.
On rencontre le couple de jeunes hollandais partis en même temps que nous ce matin de Deba. On s'est suivis et dépassés tout le long de l'étape. Pour finir la journée, on mange un menu pélerin dans un resto, où nos 3 fameux français sont attablés. A la télé, les infos montrent des images de San Sebastian où on était il y a quelques jours, et où une grosse fête se préparait. Il y a eu des émeutes assez importantes pendant la soirée, peu de temps après qu'on soit partis, donc. Après ces bonnes nouvelles, dodo.

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Markina

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26 septembre 2009

15 août : 5ème étape : Markina-Cenaruzza, 8 km

Eh oui aujourd'hui seulement 8 km… L'étape officielle va jusqu'à Gernika, mais on ne se sent pas d'enchaîner 25 km comme hier. Ce sera une étape "repos". Après avoir attaché nos vêtements pas secs sur nos sacs, et pris un petit déjeûner dans un bar, nous quittons Markina. Enfin on essaye, car il n'y pas de flèche. C'est finalement un vieux monsieur qui nous indique le chemin, et on en profite pour lui demander où on peut retirer de l'argent. A part qu'il fait vraiment très chaud et que j'ai plongé mon pied gauche tout entier dans une grosse flaque de boue, pas grand chose à dire sur le chemin.
On arrive assez vite à Bolibar. C'est là qu'on avait prévu de s'arrêter, car le guide indiquait une auberge, une alimentation, une boulangerie, un bar… tout ce qu'il faut. Mais arrivés à Bolibar, le village est tout petit et on en a vite fait le tour sans rien voir de tout ça. Si, il y a un bar, et une église. On fait une pause à l'ombre pour réfléchir. Le problème majeur est qu'on n'a plus rien à manger. On avait prévu de se ravitailler ici, puisqu'apparemment il y a une épicerie. A un moment les cloches de l'église sonnent et plein de gens bien habillés arrivent tous en même temps (ça y est , on vient de comprendre: c'est la messe du 15 août). Je me dévoue pour aller à la pêche aux informations. Malgré mon allure de clocharde, une dame me renseigne très gentiment : il n'y a rien. On n'a pas très bien compris s'il n'y a rien du tout, ou si c'est fermé pour le 15 août, mais de toute façon le résultat est le même, on ne peut ni manger ni acheter ni dormir ici. Nous voyant tout déconfits, la dame nous indique qu'il y a un monastère un peu plus loin, qui accueille peut-être les pèlerins.
On boit un coca pour se rafraîchir et maudire notre guide. J'aurai quand même appris en le lisant que Bolibar est le village natal des ancêtres de Simon Bolivar (héros de l'indépendance de plusieurs régions d'Amérique latine).
Nous sortons donc de Bolibar, en empruntant la "calzada", chemin pavé qui monte dur jusqu'à une "casa rural" (chambres d'hôtes), puis au monastère. On croise plein de gens qui en redescendent car la messe vient de se terminer. Avec toute cette activité les moines ont l'air un peu surbookés et on ne sait pas trop à qui s'adresser… Finalement, on trouve la "boutique": miel, vin, bière, cartes postales, livres de prières, bibelots et j'en passe, les moines ont leur propre business. Finalement l'un d'eux nous guide dans une partie rénovée du monastère, jusqu'au dortoir qui comprend quelques lits superposés. Le moine a un peu rigolé quand on lui a dit qu'on venait de Markina… Il a dû se dire qu'on était des pèlerins de pacotille. Il était gentil quand même et il parlait un peu français, c'est fou. Bon quelques photos s'imposent (je n'ai pas osé photographier le moine, désolée.):

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Bolibar, vue depuis le chemin qui nous emmène au monastère de Cenaruzza.

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Voilà notre petite auberge.

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Après la douche et la lessive, on est redescendus à la casa rural pour manger. Une fête se préparait (barnum, bancs et buvette déjà prise d'assaut!). La partie bar du restaurant était bondée, on a un peu hurlé pour se faire entendre de la serveuse, mais le problème c'est qu'elle ne comprenait pas ce qu'on voulait. On lui demandait si, avec nos credencial, on pouvait avoir un menu pèlerin, et au bout de 10 minutes elle nous dit qu'elle ne sait pas ce qu'est un credencial. Tant pis, un menu normal, ça ira bien! On a ensuite eu tout notre temps pour faire le tour du monastère, qui est très beau :

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Et maintenant, minute culturelle et explication de la photo juste au dessus :
"Le monastère de Cenaruzza. Il s'agit de l'unique abbaye médiévale de Biscaye. La tradition fait remonter sa fondation au Xè siècle. Le 15 août 965, alors que la population assistait à la messe dans l'ermitage Santa Lucia de Garai, à Gerrikaitz, un aigle s'abattit et saisit un crâne de l'ossuaire. Il s'envola en le tenant entre ses serres et le laissa tomber là où se trouve l'actuelle collégiale. Les paroissiens conclurent de cette scène étonnante que l'ermitage Santa Lucia devait être déplacé".

Voilà. Vers la fin de l'après midi, il se tramait quelque chose en rapport avec des ânes, car plusieurs vans étaient garés juste en contrebas, et on entendait des ânes braire (d'ailleurs ils se répondent et c'est rigolo).
On est donc descendus de nouveau à l'auberge qui faisait la fête, et effectivement, il y avait un concours : je vous explique. Les concurrents amènent chacun leur âne. Il y a une grosse pierre très lourde par terre. L'âne est harnaché à la pierre, et il doit la tirer en faisant le plus d'allers-retours possible. De chaque côté il y a deux bonshommes qui tirent aussi la pierre, fouettent l'âne et lui beuglent dessus. Comme je trouvais ça ridicule et crétin, on est remontés au monastère.
Un pèlerin à vélo est arrivé. Il a fait San Sebastian-Cenaruzza en une journée! Par cette chaleur, il est cuit. En début de soirée, le moine est venu nous voir pour nous nourrir : il nous a amené de la soupe avec diverses choses dedans : pâtes, oignons, salade, sardines. Mais c'était bon en fait, et surtout ça change des sandwiches et des tapas! Ceci dit ça n'a pas eu l'air de plaire à l'autre pèlerin qui est allé se faire un gueuleton à l'auberge. Nous avons échangé nos impressions avec lui, sur le chemin, à pied, à vélo… et il nous a prêté son guide (en espagnol donc) pour qu'on le compare au nôtre. Rien à voir… Lui au moins, il a une carte du relief pour chaque étape!!! Bon, c'est tout pour aujourd'hui.

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27 septembre 2009

16 août : 6ème étape : Cenaruzza-Gernika, 18 km

Pour éviter de marcher par une chaleur trop forte, on part du monastère vers 7h00, au moment où la cloche sonne. Debout messieurs les moines! Il fait bien frais, bien nuit et on traverse un peu de forêt à la lumière de la lampe de poche. On traverse des villages où tout le monde dort encore, c'est bien, c'est tout calme. On fait notre première pause à Munitibar, à l'église. A 8h00 pile, je manque d'avoir une crise cardiaque quand les cloches se mettent à sonner juste au dessus de nous.

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Sur beaucoup de maisons ou même de bâtiments publics les gens montrent leur attachement au pays basque et leurs opinions politiques, en accrochant des drapeaux ou par des peintures.

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Le chemin passe à proximité des maisons et des fermes. Les chiens sont parfois en liberté mais en général ils se contentent d'aboyer une fois ou deux, quand il fait bien chaud ils ne se lèvent même pas. Sur cette étape certains chiens ont quand même bien défendu leur territoire, notamment deux aux abords d'une ferme… On s'est risqués à passer dès que la paysanne est sortie avec son bâton.
On longe beaucoup de ruisseaux, on alterne forêt et villages. Il fait frais et humide. Peu avant Gernika une dame (à qui il manquait un avant-bras) nous remplit nos gourdes. Elle nous explique qu'hier il faisait vraiment trop chaud pour marcher. Elle a dû voir passer des pèlerins en perdition.

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L'arrivée à Gernika se fait par la route, vers 12h00. A l'office de tourisme on repère 2 hôtels, car l'auberge est très excentrée. On s'installe dans la chambre, puis on part visiter la ville, et manger. Toutes les terrasses sont pleines, les tables réservées, il y a de l'animation dans toutes les rues, des fanfares, des grandes tablées, des gens partout. On est tombés en plein dans les fêtes patronales, qui durent plusieurs jours. Après avoir grignoté on vadrouille.

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La Casa de Juntas : les réunions "Juntas Generales de Bizkaia" (Assemblées Générales de Biscaye) s'y tenaient jusqu'en 1876. A côté de ce bâtiment, l'Arbre de Gernika, symbole de la ville et de ces assemblées.

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Cette église et la Casa des Juntas, et quelques maisons proches sont à peu près les seuls bâtiments ayant résisté au bombardement de 1937. D'ailleurs rien dans la ville n'évoque cet épisode, il y a juste un mémorial qui était en travaux, sinon, c'est comme si rien ne s'était passé… On dirait que Gernika ne veut surtout pas devenir une "ville-martyr" mais cherche plutôt à oublier totalement. En tout cas on a eu cette impression.
La soirée s'est passée à la terrasse de l'hôtel, avec toujours autant de musique autour de nous. Question animation nous avons aussi eu droit à une émeute liée à l'ETA, juste dans la rue perpendiculaire à notre hôtel. Pendant que j'étais remontée dans la chambre pour chercher ma gourde, 3 camions de CRS ont déboulé, des gaz lacrymogènes ont été lancés. Ce qui fait que quand je suis redescendue, la terrasse s'était vidée d'un coup : Ronan m'explique que les gens, en entendant les lacrymos, ont carrément fui en laissant leur verre. Une petite fille pleurait à cause des explosions. Après San Sebastian, maintenant Gernika, j'ai l'impression que les fêtes sont souvent gâchées par ce genre de problème. On ne s'est pas mêlés à l'attroupement, et on est partis se coucher.

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29 septembre 2009

17 août : 7ème étape : Gernika-Bilbao…en bus

Le retard s'accumulant, nous décidons de jouer notre carte joker : la carte "bus". Nous partons de Gernika vers 13h00, après avoir fait quelques courses (nous sommes à court de lessive…) au Eroski. En terme de grande surface, alors qu'en France on croule sous les enseignes Carrefour, Géant, Leclerc, Auchan et j'en passe, au pays basque il y a le Eroski et c'est tout.
Quand on se retrouve largués à Bilbao, on est tout perdus dans cette grande ville. On doit faire trois choses urgentes : aller à l'auberge, organiser notre retour en bus jusqu'à Saint Jean-de-Luz, et manger. On commence par ça. Puis direction l'office de tourisme où on nous apprend que ce n'est même pas la peine d'envisager un hôtel. Eh oui : il y a la fête de la ville qui débute, la plus importante de l'année… Et pleins de gens font la queue pour réserver des billets de spectacles et diverses manifestations qui vont avoir lieu à cette occasion. A San Sebastian, fête, Gernika, fête, Bilbao, méga-fête. Ils nous suivent ou quoi? En tout cas, une jeune fille surexcitée nous fait des croix partout sur le plan : la gare est là, le terminal de bus est là, les laveries automatiques sont là (Ronan veut absolument laver ses fringues dans les règles de l'art), le collège public qui sert d'auberge est là. On est parés.P1000747

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waaah les belles façades.

Nous arrivons au collège, mis à disposition des pèlerins pendant que les élèves se la coulent douce à la plage. On est dans un petit dortoir, à côté des vestiaires et des douches.

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Puis on prend nos affaires sales pour les emmener à une laverie, mais avant, on s'arrête à la gare routière juste à côté, pour prendre nos billets de bus de retour. Après un rapide calcul, on revoit notre copie : entre la durée des étapes et le temps qui nous reste, on fait une croix sur Ribadesella et on vise plutôt San Vicente de la Barquera, arrivée prévue le 27. Allez, je vous ressers la carte.

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Nous prenons également des billets de bus pour faire Bilbao-Laredo demain, car sortir de Bilbao à pied revient à traverser des kilomètres et des kilomètres de zones commerciales, friches industrielles, docks… Après avoir retiré nos billets, nous passons à l'opération propreté. Les 2 laveries sont dans le même quartier, assez loin d'où on est, et en plus j'ai un genou qui fait mal. On visite pendant le trajet le côté ville-portuaire de Bilbao. En tout cas, échec de la mission laverie : la première était inexistante à l'adresse indiquée, et l'autre était fermée les après-midi, au mois d'août. On est en août, et on est l'après-midi. Génial. Super. Nous revenons donc à l'auberge avec nos affaires sales, que nous lavons, à la main donc… Heureusement il y a une essoreuse, Ronan va pouvoir jouer avec.

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La journée se termine tranquillement, par des tapas comme d'habitude (il faut bien patienter jusqu'à 20h30 pour manger…). Dans le bar, on lit un article de journal qui parle des émeutes de Gernika. On n'a pas appris grand chose de plus que ce à quoi on a assisté. Puis nous avons mangé dans un restaurant improbable, "la casa de bambu", où tout est évidemment en bambou, du sol au plafond… Ronan a pris un petit menu léger. La preuve en images :

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ça c'est seulement l'entrée : des "croquetas variadas".

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Le plat : un poulpe, rien que ça! Il a mangé Carlo (les gens qui regardent Bob l'éponge comprendront).

Et voilà! En Espagne ils ne font pas trop de dessert je crois… C'est souvent un yaourt, ou du riz au lait.

A l'auberge on retrouve les 3 français arrivés entre temps. Ils ont l'air au bout du rouleau et en les entendant parler (et surtout râler beaucoup) on comprend que c'est leur dernière étape, et qu'ils ont hâte de rentrer.

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30 septembre 2009

18 août : 8ème étape : Bilbao-Laredo…en bus

Après une nuit bruyante, le collège étant situé à côté d'une route type périphérique et de la caserne des pompiers, nous quittons les lieux à 8h00. Notre bus est dans l'après-midi, ce qui nous laisse le temps de faire les touristes. Nous prenons un énorme petit-déjeûner dans un bar envahi de gens qui avalent un café avant d'aller travailler. J'ai pris en photo le pictogramme des toilettes des filles :

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Eh oui à Bilbao, on aime le foot. Ronan a cherché partout un maillot de l'équipe, mais il a fait chou blanc.

Nous posons nos sacs à la consigne de la gare routière, et nous prenons le métro pour aller voir le musée Guggenheim (art contemporain) de Frank Ghery. En chemin nous croisons cette église, où des gens prient déjà et se confessent, si tôt le matin!

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Toujours en chemin et dans un style différent, nous voyons ceci :

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Et enfin, une forme brillante au loin : le musée Guggenheim, à la sortie d'un quartier populaire.

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Le programme des expos annonçait une grande rétrospective de Murakami, artiste adoré de Ronan. Il était tout content jusqu'à ce que je m'aperçoive que l'expo se finissait en mai. Alors on a vu ça :

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Des voitures suspendues,

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Des grandes installations de Richard Serra, en acier (son mécène est Arcelor Mittal, on a trouvé ça très drôle. La crise ne touche pas l'art, non mais!)

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Des œuvres faites par des enfants,

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Une meute de loups suspendus par des fils et qui se jettent contre une paroi vitrée (explication : il s'agit d'une représentation du danger que les hommes courent s'ils suivent tous ensemble une même idéologie. Mais si, j'ai lu la pancarte!). La photo est bizarre mais c'est parce qu'on n'avait pas le droit d'en prendre.

Mais ce qu'on a préféré c'est l'ascenseur, il est immense, on à l'impression d'être des nains à l'intérieur.

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On n'avait pas non plus le droit de prendre des photos du bâtiment, à l'intérieur! J'en ai pris quand même parce qu'il ne faut pas exagérer.

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Bon, on a mis une note de 0/10 au bâtiment en tant que musée. Monsieur Ghery s'est bien amusé, mais les œuvres ne sont pas mises en valeur, la lumière dans les salles d'expo est jaune et moche, la signalétique est inexistante, et le hall d'accueil et la billetterie sont tellement bien pensés qu'on se croirait dans la queue de la Sécu. T'es nul Ghery.

Ah, il faut que je vous montre le gros chien en fleurs devant le musée :

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On a mangé…des tapas. Ronan a fait une photo artistique : on dirait une pub pour la San Miguel :

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Jusqu'à l'heure du bus, on s'est baladés. On a demandé à l'office de tourisme où on pouvait trouver des cyber-cafés. La dame nous a gentiment indiqué tous les endroits où il y a la wi-fi, mais sans ordinateur on va avoir un peu de mal… Le seul cyber-café qu'on trouve à proximité ferme dans 5 minutes et ne rouvrira que vers 17h00. On a été eu par les horaires espagnols plus d'une fois… Bon alors on va dans le vieux quartier qu'on n'a pas encore visité.

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La cathédrale de Santiago (Santiago=Saint Jacques de Compostelle, la fin du pèlerinage).

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Oh, un cyber-café! Quand on ne cherche pas, on trouve… On en profite pour dire à nos familles et amis qu'on est vivants.

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Je me suis toujours demandée comment c'était, un distributeur de billets, à l'intérieur. Maintenant je sais.

Après cette journée culturelle et touristique, nous prenons notre bus direction Laredo où nous allons dormir ce soir. Le trajet en bus nous a conforté dans notre idée que la sortie de Bilbao à pied doit être déprimante : des grandes surfaces, des usines, des immeubles en construction, des grandes cheminées qui crachent de la fumée, des bassins genre station d'épuration… On s'attendrait presque à voir une centrale nucléaire…

Laredo, station balnéaire… L'office de tourisme nous donne un plan. On tente une auberge : l'interphone nous répond que c'est complet. Des passants nous envoie sonner à un monastère : on nous répond aussi à l'interphone mais là on ne comprend absolument rien. Je commence à en avoir marre de parler à des portes! Finalement la bonne sœur descend. Elle voulait juste nous dire que l'entrée était juste à côté, en descendant un escalier… On frappe donc à la bonne porte, et ce sont des jeunes sœurs latino-américaines qui nous accueillent. Elles sont un peu étonnées et n'ont visiblement pas trop l'habitude des pèlerins, car Laredo n'est pas une étape en fait… On fait le chemin à notre façon effectivement… Après avoir payé, on s'installe dans la chambre où est tous seuls, puis on ressort manger en ville. Je veux des pâtes!!!! J'en ai ma claque des tapas! Malheureusement, après avoir arpenté la ville, on est désespérés de constater qu'on a le choix entre 10 000 restos et bars à tapas, un kebab, et un resto à touristes à 25€ le bout de poisson… Et il se met à pleuvoir des trombes d'eau. Et on est en tongs. La ville n'est même pas belle, comme toutes les villes balnéaires bétonnées. En plein mois d'août, où qu'on passe, c'est un peu dur de retrouver "l'esprit" pèlerinage. On n'a pas le moral du tout et l'impression désagréable de complètement foirer nos vacances. Pourquoi on ne fait pas comme tout le monde, plage, ricard, piscine et barbecue? On se rabat sur des hamburgers même pas bons, et on se couche…en espérant que la suite sera meilleure. Et pour finir en beauté cette journée, alors qu'on essayait de dormir, on entend des crissements répétitifs dans le couloir. Je me lève bien énervée, ouvre violemment la porte, prête à inventer des insultes en espagnol, et je vois passer un jeune homme qui aide une personne handicapée mentale à marcher…et qui faisait donc du bruit avec ses chaussures sur le sol. Evidemment je n'ai insulté personne mais j'ai surtout eu très honte, d'autant plus que l'accompagnant avait l'air vraiment désolé de nous empêcher de dormir. On sait déjà qu'on se souviendra de Laredo.

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02 octobre 2009

19 août : 9ème étape : Laredo-Guëmes, 27 km+détour

Nous partons de chez les bonnes sœurs et nous petit déjeûnons en terrasse. Après de longs kilomètres de "paseo maritimo" (balade pour piétons et cyclistes sur le front de mer), on prend une navette pour traverser jusqu'à Santona.

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A Santona on nous donne un plan, et on demande où passe le chemin car les flèches jaunes se font très très rares… On se ravitaille dans une supérette. Pour les graphistes, voici une bien belle brique de lait :

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On a aussi vu un monsieur pédaler pour aiguiser des couteaux :

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En sortant de Santona on traverse surtout des zones pavillonnaires et on fait notre pause déjeûner à la plage, près d'un bar et d'une fontaine pour remplir les gourdes.
Nous repartons, mais assez vite, l'absence totale de balisage, de panneaux routiers, et le descriptif stupide de notre imbécile de guide, toutes ces petites choses nous mènent au bord de la crise de nerfs… Les informations les plus fiables nous venant souvent des autochtones, nous demandons dans un bar. Le patron nous dit que non, il n'y a pas de flèche, c'est normal… Il faut grimper sur un petit chemin sympathique au milieu de la végétation.

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Arrivés de l'autre côté, nous longeons d'abord la plage puis on choisit une petite route qui va dans la même direction de toute façon. Pour la rejoindre, on a dû faire un peu de gym en passant sous des barbelés pour traverser un champ (vide). On retrouve enfin le balisage à Noja, mais l'itinéraire du guide ne passant pas par cette ville, on se demande comment on a pu se tromper, puisqu'il n'y avait qu'une route… Et on se le demande encore d'ailleurs. L'après-midi est sérieusement entamé, on a fait 9 km de détour pour rien, et on est sacrément loin de Guëmes. Notre niveau d'énervement et de ras-le-bolitude est au maximum. On demande à la réception d'un hôtel, puis à l'office de tourisme, la façon la plus rapide d'aller à Guëmes. On est même prêts à prendre un bus mais il n'y en a pas ici, comme ça c'est réglé. Evidemment, le plus direct, c'est la route. Alors, pendant des heures et des kilomètres, on s'est pris pour des voitures, et on a marché comme des dératés le long de la nationale… super la balade et le dépaysement. C'était vraiment nul.

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Je ne sais plus où, un gars dans un bar nous dessine un plan, et nous liste tous les villages que nous devons encore traverser avant Guëmes. Visiblement il connait bien le chemin et nous indique l'itinéraire rapide (la route) et l'itinéraire officiel, joli et pittoresque c'est à dire les petits chemins. A l'heure qu'il est le pittoresque n'est pas notre priorité, on choisit donc la route, pour changer. On se dépêche pour en finir le plus vite possible. Mais c'était long, trèèèèèèèès long…
Vers la fin de l'étape, nous offons une pause à nos pieds, pour vérifier s'ils sont toujours là, puisqu'on ne les sent plus trop. Il y a une petit église à visiter. Même avec des tongs, je n'arrive plus tellement à lever les jambes et je manque de m'étaler dans l'église, ce qui fait un écho énorme.

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Presque arrivés à Guëmes, le moral revient mais le soleil s'en va. Maintenant on ne se pose plus de questions et on demande à toutes les personnes qu'on croise où se situe l'auberge. On ne sait d'ailleurs pas si on peut y manger. On nous annonce des distances complètement farfelues…"C'est à 1 km à peu près", alors comment ça se fait qu'une heure plus tard on n'y soit toujours pas? Bon bref… on a fini par y arriver, à 22h00, à l'auberge du Padre Ernesto, tout en haut d'une colline biensûr. On a d'abord cru tomber dans une secte : une quarantaine de pèlerins étaient en train de manger à de grandes tables, avec une cheminée dans le coin, et le père nous annonce à tous ces gens : "et voilà les 2 derniers pèlerins !" . Le père Ernesto parle bien français, et aparemment c'est une figure connue du chemin. Il a une grosse barbe et ressemble plus à un baba cool qu'à un moine. Il a beaucoup voyagé et plein d'objets et de photos sont accrochés. Il est aussi l'auteur de plusieurs livres et les journaux parlent souvent de lui et de son auberge, qu'il agrandit d'année en année. Le Padre nous confie à un jeune latino qui travaille à l'auberge. Il nous montre notre "chambre": en plus des dortoirs, il y a des sortes de préfabriqués avec 2 lits dans chaque. Les douches individuelles et les toilettes sont propres et entretenues, il y a 2 grands éviers pour laver le linge, un fil pour étendre, c'est le luxe!
Après nous être lavés on nous installe près de la cheminée, nos assiettes nous attendent déjà, et même une bouteille de vin… C'est dans cette auberge qu'on nous a offert le meilleur repas : soupe, pâtes au thon, pomme… Un vrai repas pour des gens qui marchent, quoi… Une fille s'est mise à jouer du violon, puis un autre pèlerin de la guitare. Cette journée horrible passée le long des routes se finit bien, en fait.

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En fin de soirée on trouve le courage de laver nos affaires, de les étendre, et on se couche. Les lits sont un peu rudimentaires : un matelas bien fin, une planche de contreplaqué sur 2 parpaings. L'auberge est victime de son succès…

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03 octobre 2009

20 août : 10ème étape : Guëmes-Santander, 15 km

On est tellement chouchoutés à l'auberge du Padre Don Ernesto qu'on traîne pour partir. Nous sommes les derniers à prendre le petit déjeûner. Nous laissons une bonne donation et un petit commentaire gentil avec un dessin dans le livre d'or. Avant qu'on parte, le Padre nous investit d'une mission : un pèlerin a oublié sa clé usb dans un des dortoirs ; il nous la confie (il nous dit : "c'est important, c'est la mémoire") pour qu'on la dépose à l'auberge de Santander où elle sera probablement réclamée.

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Nous partons et dès le premier carrefour, pas de flèche… Heureusement, à chaque fois qu'on a besoin de demander notre chemin, il y a quelqu'un. On longe encore un peu de route (ça nous manquait) jusqu'au premier village, Galizano. On rencontre un jeune homme qui nous aborde en espagnol, mais en fait il était français. On a donc parlé un peu : il vient de Grenoble et quand je lui demande s'il est étudiant, il me répond "non non, en ce moment je ne suis rien"… On lui a montré la route puisqu'il n'avait pas de guide. Ensuite on se ravitaille dans une épicerie minuscule, puis on part pour de bon. On rejoint assez rapidement le bord de mer, il fait chaud…

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Avant de partir de l'auberge ce matin, nous avons pris soin de montrer la carte au Padre pour qu'il nous donne le maximum d'infos sur l'itinéraire. Oui, nous avons perdu toute confiance en notre guide depuis longtemps. Il nous a d'ailleurs conseillé de suivre la falaise, contrairement à ce qui était indiqué. C'est donc ce que nous faisons, sous le soleil de 13h00 qui commence à taper très fort. Aucune ombre, et en plus on commence à avoir faim, mais on ne peut pas manger en plein soleil sous peine de cuire… On s'assoit tout de même 5 minutes le temps de s'hydrater et d'avaler une barre de céréales. J'intercepte un joggeur espagnol en sueur et en plein effort : il ne m'en veut pas pour autant et me renseigne : la prochaine ville, Somo, est à 5 km environ, d'ailleurs on la voit au loin.

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Un peu rassurés, on repart, mais la chaleur commence vraiment à m'incommoder, et je mouille mon écharpe pour me rafraîchir. Certes, on voyait Somo à l'horizon. Mais le joggeur a peut-être été légèrement optimiste. Nous nous retrouvons à Laredo, pas une ville mais une zone pavillonnaire assez luxueuse, où je réclame une pause à l'ombre. Sentant mes forces diminuer rapidement, j'abandonne mon sac à Ronan qui se transforme en gros sandwich, avec son sac sur le dos et le mien sur le ventre. Nous arrivons ensuite à une plage, où un couple ayant vu passer d'autres pèlerins nous explique la situation : le sentier par la plage est plus court mais très fatigant, par la route c'est plus simple mais plus long… Toujours sonnés par la chaleur, on rejoint la route. Le problème c'est que je ne peux vraiment plus avancer, et Ronan avec les 2 sacs trouve que la plaisanterie a assez duré… D'autant plus que la route n'est pas plate du tout. Je demande à une jeune fille qui venait de garer sa voiture, à combien de temps est Somo. On n'est pas du tout arrivés et je lui demande carrément de nous emmener en voiture, en lui expliquant que j'ai eu un coup de chaud… Je pense qu'elle avait d'autres projets que d'embarquer 2 imbéciles de pèlerins qui sentent la transpiration, mais elle l'a fait quand même. Toute la route faite en voiture nous confirme que je n'aurai pas pu faire le reste de l'étape à pied. Pendant le trajet nous passons devant un hôtel, et la jeune fille nous explique qu'elle travaille là. Elle nous laisse à Somo, juste devant l'embarcadère où nous devons prendre un bateau pour aller à Santander. Elle a refusé le billet que je lui donnais pour la dédommager, puis elle est repartie, notre sauveuse… Nous n'avons pas pris le bateau tout de suite, et on s'est assis à la terrasse d'un café le temps que ma température redescende, ce qui a pris longtemps, au moins 2h00. Ronan a demandé à tout hasard à quelle heure partait la dernière navette… Quand je m'en suis sentie capable, on a pris le bateau pour la traversée d'une vingtaine de minutes. A Santander, il a fallu trouver l'auberge, sous la pluie. On est accueillis par une allemande qui ne parlait ni espagnol ni français, un peu anglais… Heureusement elle était "assistée" par un monsieur vieux et bizarre qui baragouine un peu de français. On leur confie la clé usb et l'allemande nous installe. On se retrouve tous les deux sur des lits hauts. Comme je ne suis pas encore sûre de mon état, je demande à changer pour avoir un lit bas, puisque j'en vois plein de libres. L'allemande me dit carrément non, eh oui elle a déjà noté notre placement sur son joli plan du dortoir, non mais n'importe quoi… Je lui explique que je suis malade et que je risque de me lever plusieurs fois dans la nuit. Elle consent à me donner un autre lit, en me parlant très sèchement,au cas où je n'aurais pas compris que je l'emmerdais vraiment… De toute façon j'aurai changé quand même. Je la maudis. On se douche et on essaye de se reposer. Puis un monsieur vient me voir : comme il a un papier et un stylo dans la main, et qu'il me demande en français "alors qu'est ce qui t'arrive, ça ne va pas ?", je me dis "super, un médecin"! En fait pas du tout, c'est juste le pèlerin qui a le lit au dessus de moi, et son papier c'est une liste des auberges. Mais il était très gentil, barbu et hollandais (je crois). Il parlait parfaitement français, on s'est donc raconté nos aventures respectives. Je lui explique toute la nullité de notre guide, et il me confirme qu'il n'a vu que des mauvaises critiques sur internet. On compare dans nos 2 guides le descriptif historique de Santander : dans le nôtre, la ville a été ravagée en 1941 par un incendie. Dans le sien, c'est par…une tornade! Pourquoi pas un tsunami? Je le laisse soigner ses ampoules et nous sortons grignoter, puis on retourne illico se coucher. A ce moment, on envisage déjà d'arrêter les frais ici : mon début d'insolation sonne la fin du périple et puis c'est tout. Je passe la nuit avec une serviette humide sur le front. Je sais maintenant ce que ressentent les homards quand ils cuisent vivants… eh bien c'est très désagréable.

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21 août : convalescence : Santander

Dès 5h30, les pèlerins s'activent pour partir, à croire qu'ils font la course… A 8h00, Ronan a remballé nos affaires, mais j'explique à notre charmante hôtesse que j'ai encore besoin de me reposer un peu. Je demande finalement où je peux trouver un médecin. Le baragouineur français nous explique que si on veut passer une nuit de plus à l'auberge, il me faut un certificat. C'est bien aimable, mais moi je ne veux pas passer une nuit de plus ici, et d'ailleurs Ronan non plus. Maintenant il faut vraiment se reposer. On cherche le médecin, qui est en fait une sorte de permanence croix rouge : 3 personnes à l'accueil, qu'on a eu l'air de déranger. Au bout d'un quart d'heure d'échanges infructueux, on laisse tomber et on va demander l'avis d'un pharmacien. Je demande si je dois faire quelque chose de particulier pour me remettre vite d'une insolation. Il me dit non, il faut boire beaucoup, se reposer… C'est exactement ce qu'on comptait faire. Après le petit déjeûner on attend l'ouverture de l'office de tourisme pour avoir une liste des hôtels. Quitte à payer plus cher, on a préféré rester en centre-ville pour avoir tout à proximité : commerces, pharmacies… Nous voilà donc à 10h00 du matin à l'Hôtel Central, où après une douche merveilleuse, je me recouche illico. Je dors jusqu'à 13h00, me réveille pour grignoter nos dernières vivres, et me rendors jusqu'à 15h00. Pour s'occuper, Ronan végète en regardant le câble, tout heureux car on n'a pas vu de télé depuis 10 jours. Après que j'ai émergé, on lave nos affaires et Ronan suspend tout ça devant la clim'.

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Moi, malgré tout ce sommeil, je me sens toujours autant vidée de mes forces, c'est incroyable ce que ça peut faire, le soleil. En tout cas, je bois comme un trou et je vide des gourdes à la chaîne. Contrairement à moi Ronan a de l'appétit et nous sortons manger des tapas, encore et toujours… On se balade un peu, mais attention, pas trop longtemps au soleil…

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C'est là qu'on a mangé les meilleures tapas. On n'a pas tout perdu…

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"Los Raqueros : ces statues représentent des jeunes, personnages typiques de Santander décrits par José Maria de Pereda. A la fin du XIXème et au début du XXème siècle, ils rôdaient sur les docks et avaient pour habitude de plonger dans l'eau du port pour récolter les pièces que les curieux leur jetaient".

Nous faisons quelques courses… Comme nous avons définitivement décidé de rentrer, il faut maintenant organiser notre retour. On règle ça à la gare routière de Santander : on annule nos billets de bus San Vicente de la Barquera-Irùn et on rachète des billets pour faire Santander-Bilbao demain, puis Bilbao-Irùn après-demain. Je crois que je voulais tellement rentrer que je n'ai eu aucun mal à expliquer tout ça en espagnol à la guichetière. Ensuite on n'aura plus qu'à invoquer les dieux de la SNCF pour qu'on puisse changer nos billets de train Saint Jean de Luz-Paris… Puis nous retrouvons notre chambre d'hôtel apocalyptique (sacs à dos défaits, chaussures sales, fringues suspendues, sacs plastiques en tous genres, paquets de gâteaux entamés…), on regarde une émission française sur le câble (qu'on ne regarde d'ailleurs jamais en France…) et on s'endort dans un vrai lit, avec des oreillers et un vrai matelas.

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04 octobre 2009

22 août : le retour : Santander-Bilbao, en bus

Comme nous avions la chambre d'hôtel jusqu'à midi, on l'a quittée à 11h45. Nous prenons notre bus en début d'après-midi direction Bilbao, qu'on commence à bien connaître. Arrivés là-bas, on pose nos affaires au collège. L'hospitalero (= monsieur qui nous accueille) analyse les tampons sur nos credencial parce qu'il ne comprend rien à notre parcours. Et voilà qu'il se met à nous faire la morale parce qu'on s'est arrêtés une journée et qu'on arrive en bus. Il nous explique que dans le pèlerinage normal, on va jusqu'à Santiago à pied en faisant bien toutes les étapes, et qu'on en revient à pied. Je lui réponds légèrement irritée qu'on a eu besoin de se reposer à Santander, et qu'en plus on est sur le retour, qu'on a des obligations de dates et qu'on travaille, alors on ne va pas s'amuser à faire le retour du pèlerinage à pied. Il se trouve que je parle très bien espagnol quand je m'énerve. Il consent quand même à nous accueillir. Nous repartons aussitôt nous promener histoire que je me calme. Nous avons erré dans la ville qui fait toujours la fête, le long du fleuve il y a pleins de stands et de machines à pressions dehors, et les toilettes qui vont avec, dans des préfabriqués. Dans le vieux quartier, on sent que quelque chose de bizarre se prépare : tous les cafés sont fermés, on en trouve seulement un d'ouvert car il fait salle de jeux (flippers etc) en même temps. Mais on nous sert nos consommations dans des gobelets en cartons, et il y en a des grandes piles sur le comptoir… On dirait qu'il va y avoir des grosses beuveries à Bilbao ce soir. Pour faire passer le temps on visite la cathédrale de Santiago. Un défilé de grands personnages se prépare, car ils sont exposés dans un espèce de cloître :

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Puis comme on ne sait toujours pas quoi faire, on change de quartier et on trouve enfin un vrai café d'ouvert (il s'avèrera que c'était un bar gay). On y passe un petit bout de temps en commençant à faire un premier bilan de nos aventures…

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Pour finir la journée, on s'échoue dans notre restaurant fétiche :

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Cette fois Ronan prend comme moi, une petite soupe poulet-champignons, après quelques tapas, quand même (involontairement offertes par la maison, d'ailleurs). La télé du restau diffuse une course d'athlétisme, et tout le monde a les yeux rivés sur les exploits d'Usain Bolt, le coureur qui s'amuse à battre ses propres records sans arrêt. Puis on retourne à l'auberge où nous retrouvons notre très charmant hospitalero. Dans le dortoir, il y a seulement 2 pèlerins qui sont arrivés entre temps, et qui dorment.

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23 août : le retour : Bilbao-Irùn, en bus

Nous quittons l'auberge à 8h00. Nous posons nos sacs à la consigne de la gare routière, et là, on comprend qu'on ne s'était pas trompés sur les éventuelles beuveries : il y a des jeunes vautrés partout, certains sont encore en forme, mais la plupart sont complètement déchirés et dorment par terre ou sur des bancs, ou sur des cartons…
Il y a 2 filles avec des perruques de punks qui dorment assises contre les consignes, l'une d'elles avait une clope à la main, qui se consumait toute seule en faisant un petit tas de cendres sur le jean de la fille… Dans le métro, il y avait des canettes, des gobelets et des clopes amassés en bas des escalators, dans les couloirs… Partout dans les rues, nos chaussures collaient par terre tellement c'était immonde. L'air de Bilbao sentait un mélange de bière et de vomi. Ronan ayant assisté une fois aux fêtes de Bayonne, constate que là c'est pire. Dans toutes les rues sans exception, il y a eu une orgie d'alcool. Il est juste un peu plus de 8h00 mais le service propreté de la ville est déjà en pleine action, et les bonhommes verts tentent de nettoyer tout ça à grande eau. Nous, notre mission pour l'instant est de trouver un endroit pour prendre le petit déjeûner. On essaye de passer par les rues déjà nettoyées car l'odeur est quand même insupportable. Une dame totalement torchée essaye de communiquer avec nous mais on ne parle pas l'espagnol bourré… Comme on est dimanche, tout est fermé et on finit à la gare de Bilbao. C'est là que s'échouent quelques fêtards qui tiennent encore debout, pour avaler eux aussi quelque chose qui épongerait un peu l'alcool. Dans ce café, il faut avouer qu'on a quand même bien rigolé.
Parmi tous les gens torchés, nous retenons notamment :
-Un espèce de grand et gros mec avec un bras plâtré et un t-shirt de foot, qui venait parler à tout le monde.
-Une fille dont le t-shirt blanc à l'origine était recouvert de vin rouge.
-Une autre fille qui avait fait la fête en sandales, et qui était marron jusqu'aux chevilles.
-Un mec qui dormait assis sur un banc, une bière à ses pieds. Deux agents de la gare ont essayé de le réveiller, en vain. Il a juste bougé un peu et a renversé sa bière sur son sac.
-Deux gars qui dormaient aussi sur un banc, de manière toujours symétrique. Jolie chorégraphie.
-Dans le café, juste derrière nous, 2 clochards en plein débat philosophique, l'un buvant un café et l'autre une bière. Nous pensons qu'eux seuls pouvaient se comprendre.
-Un gars qui en voulant engloutir une tapas, a failli s'empaler sur le pic.
-Un gars derrière nous les yeux baissés: on ne savait pas s'il envoyait un texto, ou s'il dormait assis. Au bout de quelques minutes d'observation, on a compris qu'il s'était endormi en tapant son texto.

Et de manière générale, des gens qui dansent un peu, qui chantent, qui boivent encore, qui sont tout blancs ou verdâtres, qui marchent de travers.
Après cette étude sociologique de l'après-fête, nous sortons dans la ville qui commence à retrouver son aspect normal. Il est 10h00, il y a un gentil soleil. Comme on s'ennuie (tout est fermé) et qu'on a le temps avant le bus, on se balade dans le vieux quartier (en chemin on croise un clochard qui dort sur un banc, avec sa guitare qui n'a que 2 cordes). Par contre là ça pue encore et en plus il y a des stands de bouffe type cassoulet ou aïoli, et toutes ces odeurs mélangées c'est limite… Histoire de s'asseoir dans un endroit propre, on se réfugie à la cathédrale de Santiago où on a assisté à la messe (en espagnol, donc). Puis on a vu le défilé des marionnettes géantes qui clôture apparemment la fête :

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Et hop, c'est l'heure des tapas. Dès son ouverture le bar a été pris d'assaut. Il faut dire que c'était bien bon. On a observé le manège d'un vieux monsieur qui a mangé une tapas très vite et est parti mine de rien sans la payer. Puis est venue l'heure de retourner à la gare routière, récupérer nos sacs et attendre le bus qui est arrivé 1/2h en retard, dans une chaleur étouffante.

Après le trajet en bus climatisé, nous descendons à Irùn et on se réfugie vite au bar de la gare pour éviter cette chaleur insupportable. Ronan mange un sandwich et moi un cheesecake. On tente ensuite d'organiser notre trajet du lendemain : Irùn-Saint Jean-de-Luz. La guichetière de la gare nous envoie à un autre bureau quelques rues plus loin, où la dame nous dit qu'elle ne peut absolument pas nous renseigner, même pas nous donner les horaires. Elle ne vend que les billets Irùn-Hendaye. Quand on sait les distances qui séparent ces 3 villes, on se pose des questions sur l'organisation. Mais soit, on en saura plus à Hendaye… On se rend donc à l'auberge : un appartement réaménagé. Une dame qui parle français nous accueille et essaye de nous renseigner sur les TGV, elle pense qu'il y en a fréquemment pour Paris. On s'installe et on croise dans le couloir un jeune moine complètement surexcité qui se marrait avec un pèlerin. On ressort, on profite d'un cybercafé pour aller sur le site de la SNCF : les trains pour Paris sont pleins, les rares places qui restent en 1ère classe sont chères… désespoir. On veut rentrer demain à la maison, nous! Comme il faisait encore très lourd on retourne dans la gare climatisée, et dans le café un français nous aborde. Il vadrouille tout seul en Espagne et au Portugal. Il était sympathique au début mais il nous a raconté sa vie pendant plus d'une heure… On a fini par l'abandonner pour aller manger.

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Dans la soirée, le vent s'est levé et le ciel s'est noirci. La fin de la chaleur!!! Mais ça ne nous dit pas comment on rentre à Paris… A l'auberge, le moine et ses potes ont fait la fête jusqu'à assez tard, et en plus dans notre chambre un espèce de gros pèlerin poilu a ronflé toute la nuit en faisant des bruits de sanglier… J'ai espéré qu'il s'étouffe dans son sommeil, mais non. Vivement demain…

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05 octobre 2009

24 août : le retour : Irùn-Paris, fin du périple

Le lendemain, nous partons à 6h00 pour prendre la première navette Irùn-Hendaye. En partant si tôt on met toutes les chances de nôtre côté pour changer nos billets et trouver des places dans un TGV pour Paris. A Hendaye, on s'adresse à une jeune guichetière : tous nos espoirs reposent sur elle. Après lui avoir expliqué la situation un peu complexe (billet congés annuels de Ronan impossibles à modifier : "SNCF, à nous de vous faire préférer le train"), elle nous annonce d'abord une possibilité pour un TGV à 17h00. Cinq minutes plus tard, ça ne marchait plus pour le train de 17h00, ce qui repoussait au lendemain (désespoir). Encore 5 minutes plus tard, elle trouve sur son ordinateur… 2 places libres dans le TGV de 10h00. Ce n'est pas très intéressant finalement, mais rendez-vous compte que 2 personnes ont annulé leurs places dans le train de 10h00, pour prendre celui de 17h00…et ont effectué cette opération à 6h30 du matin. Les larmes (de joie) aux yeux nous regardons Jennifer (c'est la guichetière) imprimer nos billets de retour, qui ne nous ont presque rien coûté en plus. Nous prenons la navette Hendaye-Saint Jean-de-Luz.

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Nous avons encore 2 bonnes heures à patienter à Saint Jean-de-Luz mais on n'est plus à ça près. Pour fêter notre retour dignement on commande thé, café, des tartines et de la confiture. C'est bizarre de se dire qu'on sera à Paris dans l'après-midi. Quand on s'installe enfin dans le TGV, il n'est pas plein du tout, mais il s'est arrêté à plein de gares et s'est vite totalement rempli. Nous étions assis dans un compartiment tellement plein comme un œuf que le contrôleur a tenté de venir 2 fois, mais il a renoncé : effectivement, il aurait dû enjamber des sacs, valises, skates, poussettes, chiens, et ne pas se prendre les pieds dans les jambes des voyageurs.

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Victoire, on est enfin dans le train.

Ensuite, pas grand-chose à dire, 5h00 de train ce n'est jamais palpitant… On s'est ruinés pour manger un sandwich et un yaourt à la voiture-bar, on a dormi, on a eu des fourmis dans les jambes, le train s'est arrêté un quart d'heure en pleine voie à cause d'un problème électrique, la routine quoi.

Et enfin… Paris-Montparnasse! Fin de l'aventure. Comme on est rentrés plus tôt, je n'ai que mes affaires de randonnée, j'ai dû acheter un jean et des baskets. Nous clôturons nos "vacances" par des expos et du cinéma… Et une visite à Emilie, Tibo et Olivier, nos amis de la capitale qui ont subi en premier le récit détaillé de notre passage sur le Camino del Norte…

chez_tibo

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